Originaire du nord-est de l'Inde et du Bangladesh, le Naga Morich est un piment d'une intensité redoutable, cousin direct du Bhut Jolokia. Longtemps cultivé dans les jardins villageois du Sylhet et du Nagaland, il est considéré comme l'un des piments les plus puissants du monde.
Le Naga Morich (নাগা মরিচ, littéralement « piment des Nagas ») trouve ses origines dans les régions montagneuses du Nagaland et du Sylhet, à la frontière indo-bangladaise. Il y est cultivé depuis des siècles comme condiment local et plante médicinale.
Décrit dès la fin du XIXᵉ siècle par les botanistes britanniques dans les collections du Royal Botanic Garden de Calcutta, il fut longtemps classé parmi les formes semi-sauvages de Capsicum chinense. Sa reconnaissance internationale ne viendra que beaucoup plus tard, au début des années 2000, lorsqu'il sera mesuré à plus d'un million d'unités sur l'échelle de Scoville : un record à l'époque.
Le Naga Morich a donné naissance à plusieurs cultivars modernes : le Dorset Naga (sélectionné en 2001 par Joy et Michael Michaud à Sea Spring Seeds, Royaume-Uni) et le Naga Viper, hybride ultérieur ayant participé à la course mondiale du "piment le plus fort".
En 2021, le "Naga Chilli" du Nagaland a obtenu une indication géographique protégée.
Les fruits du Naga Morich sont coniques, légèrement tordus et à la surface fortement plissée.
Ils mesurent de 4 à 6 cm de long pour 2 à 3 cm de large, et mûrissent du vert olive au rouge profond.
Leur paroi est fine, leur chair huileuse, libérant un arôme intense de fruits tropicaux, d'abricot sec et de mangue.
Le piquant est foudroyant : il s'installe lentement, puis explose pour se prolonger plus d'une minute. Les analyses chimiques révèlent une teneur exceptionnelle en capsaïcine et dihydrocapsaïcine, localisées surtout dans le placenta.
En Asie, le Naga Morich s'utilise frais ou séché pour relever les currys, les chutneys et les marinades. Un seul piment suffit à parfumer un plat entier.
En 2006, lors d'une foire agricole à Sylhet, un concours improvisé de dégustation opposa plusieurs paysans locaux pour départager les différentes lignées de naga morich. L'un d'eux, réputé pour sa résistance, croqua un fruit entier devant la foule : il s'évanouit avant d'avoir pu finir sa phrase.
L'histoire, rapportée par la presse bangladaise, fit le tour du pays et déclencha une curiosité mondiale pour ce « piment du peuple ». Quelques mois plus tard, des semences collectées dans cette même région furent envoyées en Europe : elles donnèrent naissance au Dorset Naga.